Économie · États-Unis · Coût de la vie

Publié le 25 octobre 2026 · Lecture de 11 minutes · Cahier Économie du Tissu

Note d'attribution : cet article s'appuie sur le reportage de Jesús Sérvulo González publié par El País le 24 octobre 2026. Les informations attribuées au quotidien espagnol sont créditées tout au long du texte. L'analyse, les données complémentaires et la lecture des effets sur le Québec et le Canada sont celles du Tissu, à partir de sources officielles et indépendantes.

À neuf jours des élections de mi-mandat du 3 novembre, les États-Unis vivent un paradoxe qui en dit long sur la manière dont les électeurs jugent un gouvernement. L'économie croît, la Bourse enchaîne les records et le chômage reste bas. Pourtant, une majorité d'Américains affirme que la vie est devenue plus difficile. Dans un reportage publié le 24 octobre, El País a résumé la situation en reprenant le slogan imaginé par James Carville pour la campagne de Bill Clinton en 1992, avec un seul mot changé : c'est l'inflation, idiot.1

La formule est provocante, mais la thèse qui la sous-tend est technique. Ce qui détermine l'humeur de l'électeur, ce n'est pas la taille du PIB, c'est l'écart entre ce qu'il gagne et ce qu'il paie. En septembre 2026, cet écart s'est de nouveau creusé.

L'essentiel en 30 secondes

  • L'inflation à la consommation aux États-Unis a grimpé à 3,7 % sur 12 mois en septembre 2026, alors que le salaire horaire moyen n'a progressé que d'environ 3 %. Le pouvoir d'achat des ménages recule.
  • La guerre contre l'Iran, déclenchée le 28 février, et les restrictions dans le détroit d'Ormuz ont propulsé l'essence et le diesel à des sommets historiques.
  • Le FMI prévoit une croissance de 2,3 % aux États-Unis en 2026, portée par l'investissement en intelligence artificielle et par la consommation des ménages aisés.
  • Les sondages d'octobre montrent qu'environ trois électeurs sur quatre désapprouvent la gestion de l'inflation par Donald Trump.
  • Au Canada, l'inflation a atteint 3,1 % en septembre, poussée par une hausse de près de 28 % de l'essence. Le Québec affiche le même taux.

Que se passe-t-il dans l'économie américaine?

À en juger par les indicateurs globaux, la première économie mondiale traverse 2026 en bonne santé. Selon les prévisions du Fonds monétaire international reprises par El País, le PIB américain devrait progresser de 2,3 % cette année et au même rythme en 2027, avec un taux de chômage autour de 4,2 %, un niveau historiquement bas.1 Le même reportage note que le S&P 500 a gagné près de 15 % en un an et le Nasdaq, près de 20 %.

Le moteur de cette résilience porte un nom. L'investissement en intelligence artificielle, concentré dans l'achat de puces et la construction de centres de données, devrait représenter 1,9 % du PIB américain cette année, selon une estimation de Goldman Sachs citée par El País. Jared Franz, économiste chez Capital Group interrogé par le quotidien, estime que le consensus pourrait sous-évaluer la croissance de 0,5 à 1 point de pourcentage, faute de capter tout l'effet de ce cycle d'investissement.1

Le problème, c'est que ce moteur ne tourne pas pour tout le monde. La moitié de la population qui détient des actions voit son patrimoine grossir. L'autre moitié voit le mois se terminer avant la paie.

Pourquoi l'électeur est-il mécontent si le PIB progresse?

Parce que l'inflation a de nouveau devancé les revenus. Selon le Bureau of Labor Statistics, l'indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 0,6 % en septembre et de 3,7 % sur 12 mois, contre 3,4 % en août. L'indice de l'essence a bondi de 9,1 % en un seul mois et explique plus de la moitié de la hausse mensuelle.2 Sur un an, la composante énergie a progressé de 20,4 %, selon les données du rapport compilées par Boursenews.3

Au cours du même mois, le salaire horaire moyen a augmenté de 3 %, d'après El País, qui évoque aussi une hausse cumulative d'environ 30 % du coût de la vie depuis la pandémie.1 Quand les prix montent de 3,7 % et les salaires de 3 %, le calcul est simple : le travailleur moyen s'est appauvri en termes réels.

Prix contre salaires aux États-Unis, septembre 2026 Variation sur 12 mois : inflation à la consommation 3,7 %, salaire horaire moyen 3,0 %, inflation de base 2,6 %. VARIATION SUR 12 MOIS, SEPTEMBRE 2026 (%) 0 1 2 3 Inflation (CPI) 3,7 Salaire horaire moyen 3,0 Inflation de base 2,6
Sources : Bureau of Labor Statistics (CPI et inflation de base, sept. 2026) et El País (salaire horaire moyen). Échelle tronquée à 3,7 %. L'inflation de base exclut les aliments et l'énergie. Réalisation : Le Tissu.

Les sondages reflètent ce décalage. Dans l'enquête de Fox News publiée le 14 octobre, six électeurs sur dix désignent le coût de la vie comme leur principale inquiétude économique, loin devant les dépenses publiques, l'emploi ou les tarifs douaniers. La désapprobation de Donald Trump atteint 77 % sur l'inflation et 70 % sur la gestion de l'économie.4 Un sondage Reuters/Ipsos, rapporté par le Qatar Tribune, indique qu'environ 78 % des Américains attribuent la hausse des prix aux politiques du gouvernement, notamment les tarifs et la guerre.5

El País cite également une étude du Pew Research Center selon laquelle 70 % des adultes ont réduit leurs dépenses de loisirs et de restaurants au cours de la dernière année, et 54 % n'ont pas réussi à épargner.1 C'est ce comportement, et non le PIB trimestriel, que l'électeur apporte dans l'isoloir.

Guerre, tarifs et taux : les trois vecteurs du coût de la vie

1. L'énergie : l'effet Ormuz

Depuis le 28 février, début des frappes des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, le détroit d'Ormuz ne fonctionne plus normalement. L'Energy Information Administration (EIA) américaine a estimé que le volume de pétrole et de produits raffinés transitant par le détroit est tombé à 4,9 millions de barils par jour au deuxième trimestre de 2026, contre 21,6 millions au dernier trimestre de 2025, selon le Hellenic Shipping News.6 Le Brent s'échangeait autour de 102,60 $ US le baril le 5 octobre, environ 57 % de plus qu'un an plus tôt, d'après des données de Trading Economics réunies par Moneymagpie.7

À la pompe, l'effet a été immédiat. Selon El País, l'essence est restée pendant des mois au-dessus de 4 $ US le gallon, et le diesel a atteint un record historique à la fin de septembre, à 6,52 $ US, frappant durement agriculteurs et transporteurs.1

2. Les tarifs : un coût qui devient un prix

Le deuxième vecteur est commercial. Le quotidien espagnol rappelle que les tarifs généralisés annoncés au printemps 2025 ont été invalidés par la Cour suprême, puis reformulés, ce qui a aussi alourdi les coûts administratifs des producteurs qui dépendent d'intrants importés.1 Pour l'analyste Heather Hurlburt, de Chatham House, interrogée par El País, l'opinion publique associe désormais directement tarifs et prix élevés.

3. Les taux : un resserrement qui renchérit le crédit

Avec une inflation supérieure à la cible de 2 % depuis plus de cinq ans, la Réserve fédérale a recommencé à relever ses taux. Le 16 septembre, elle a haussé son taux directeur de 0,25 point, à une fourchette de 3,75 % à 4,00 %, une première depuis 2023, selon Trading Economics.8 El País signale que le rendement des titres du Trésor a atteint 5,3 %, un sommet depuis avant la crise de 2008, et que le taux hypothécaire moyen sur 30 ans a grimpé à 7,4 %, selon Freddie Mac.1

Il y a enfin la toile de fond budgétaire. Selon El País, la dette publique a dépassé 40 000 milliards de dollars US cet été, soit 124 % du PIB, et le Bureau du budget du Congrès prévoit un déficit de 8,5 % du PIB cette année, sous l'effet des dépenses de guerre et des baisses d'impôts de la loi surnommée Big Beautiful Bill.1

Le PIB mesure la taille de l'économie. L'électeur, lui, mesure ce qui lui reste dans les poches.

Qui gagne et qui perd dans l'économie en K?

L'expression « économie en K » décrit une reprise où deux groupes suivent des trajectoires opposées : l'un monte, l'autre descend. C'est le diagnostic qui traverse les sources consultées par El País. Michael Pearce, d'Oxford Economics, observe que le carburant pèse davantage dans le budget des ménages à revenu faible et moyen, et que la guerre tend à creuser cette bifurcation. James Knightley, d'ING, souligne que les ménages aisés continuent de dépenser, soutenus par la valorisation de leurs actifs, tandis que les autres composent avec des revenus stagnants et des prix élevés.1

L'argument distributif est plus net encore dans les travaux de Heidi Shierholz et Josh Bivens, de l'Economic Policy Institute, cités par le quotidien : le revenu moyen ne peut croître plus vite que celui de la classe moyenne que si les plus riches progressent bien au-delà de la moyenne. Steve Wamhoff, de l'Institute on Taxation and Economic Policy, va plus loin en soutenant qu'une fois additionnés baisses d'impôts, hausse des prix et des assurances santé, seul le 1 % le plus riche sort gagnant.1 Il s'agit d'évaluations d'instituts aux positions connues dans le débat fiscal américain, à lire comme telles.

Qu'est-ce que cela signifie pour le Québec et le Canada?

La crise de l'abordabilité américaine ne s'arrête pas à la frontière. Pour une économie aussi intégrée à celle des États-Unis que la nôtre, elle passe par trois canaux, tous déjà visibles dans les données canadiennes et québécoises.

L'essence, encore et toujours

Selon Statistique Canada, l'indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 3,1 % sur 12 mois en septembre, contre 3,0 % en août. L'essence a bondi de 27,8 % en un an et l'énergie dans son ensemble, de 19,0 %. Sans l'essence, l'inflation ralentit à 2,2 %, comme l'a rapporté Wealth Professional.9 Autrement dit, le choc canadien a la même signature que le choc américain : il vient presque entièrement de la pompe.

Le Québec affiche une inflation de 3,1 %, identique à la moyenne nationale, avec 3,3 % dans la région de Québec et 3,0 % à Montréal, selon les données provinciales et urbaines publiées par La Presse Canadienne et reprises par BNN Bloomberg.10 Les écarts régionaux rappellent toutefois que le « K » est aussi géographique : l'Île-du-Prince-Édouard (5,7 %) et la Nouvelle-Écosse (5,6 %) subissent l'effet du mazout de chauffage, plus répandu dans l'Atlantique, alors que l'Ontario s'en tire à 2,5 %.

Ottawa a d'ailleurs réagi avec le même réflexe que Washington face au mécontentement : la taxe d'accise fédérale sur l'essence et le diesel a été suspendue du 20 avril au 7 septembre 2026. À son expiration, le prix moyen a franchi la barre symbolique des 2 $ le litre dans certaines régions administratives du Québec, selon le relevé de la Régie de l'énergie cité par Narcity Québec.11 Et même si l'inflation alimentaire a ralenti à 1,7 % en septembre, Statistique Canada note que le panier d'épicerie coûte 33 % de plus qu'en septembre 2020.9 Comme aux États-Unis, c'est le niveau des prix, pas leur rythme, qui nourrit le sentiment d'appauvrissement.

Deux banques centrales, deux trajectoires

Pendant que la Fed resserre, la Banque du Canada attend. Son taux directeur est inchangé à 2,25 % depuis la baisse du 29 octobre 2025, et l'annonce de septembre a marqué un septième statu quo consécutif, selon nesto.12 La prudence s'explique : si l'inflation globale dépasse légèrement la limite supérieure de la fourchette cible de 1 % à 3 %, les mesures privilégiées par la Banque restent sages, avec l'IPC-tronq à 1,8 % et l'IPC-méd à 1,9 % en septembre, d'après InvestingLive.13

L'écart de taux qui se creuse entre Ottawa et Washington a cependant un coût. Il tend à affaiblir le huard, ce qui renchérit les biens importés des États-Unis. Il touche aussi directement les propriétaires québécois qui renouvellent leur hypothèque : les taux fixes suivent les rendements des obligations du gouvernement du Canada, eux-mêmes influencés par les titres du Trésor américain et le marché pétrolier, des facteurs sur lesquels la Banque du Canada n'a aucune prise, comme le rappelle nesto.12 Fait notable : la Fed et la Banque du Canada annonceront leurs décisions le même jour, le 28 octobre.

La frontière commerciale

Le troisième canal est propre au Canada. Depuis le 20 février 2026, les marchandises canadiennes non conformes à l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) sont frappées d'un tarif de 15 %, tandis que les biens conformes en sont exemptés. Les tarifs sectoriels américains sur l'acier, l'aluminium et le bois d'œuvre continuent toutefois de s'appliquer, et le réexamen formel de l'ACEUM s'est amorcé le 1er juillet 2026, selon une synthèse de Deltek.14 Pour le Québec, premier producteur d'aluminium au pays et grand exportateur de produits forestiers, ces tarifs sectoriels sont le point le plus sensible du dossier.

Le Canada occupe enfin une position ambivalente face au choc pétrolier. Comme exportateur net de brut, le pays profite d'un baril cher par les revenus des provinces productrices et des recettes fiscales. Comme consommateurs, les ménages québécois paient la facture à la pompe. Le choc divise moins le Canada par classe de revenu que par géographie et par secteur.

États-Unis, Canada et Québec : indicateurs choisis (données les plus récentes en octobre 2026)
IndicateurÉtats-UnisCanadaQuébec
Inflation sur 12 mois (sept. 2026)3,7 %3,1 %3,1 %
Inflation hors essence ou de base2,6 % (de base)2,2 % (hors essence)s.o.
Énergie sur un an+20,4 %+19,0 %s.o.
Taux directeur3,75 % à 4,00 % (hausse en sept.)2,25 % (inchangé)s.o.
Prochaine décision de taux27 et 28 octobre28 octobres.o.

La leçon politique vaut aussi de ce côté-ci de la frontière. Des indicateurs globaux favorables ne protègent pas un gouvernement lorsque le coût des biens essentiels, carburant, logement et épicerie, monte plus vite que le revenu de la classe moyenne. L'abordabilité, déjà au cœur du débat public québécois et canadien, se mesure à la caisse de l'épicerie et à la station-service, pas dans les rapports trimestriels.

Ce qu'il faut surveiller dans les prochaines semaines

  • 27 et 28 octobre : réunion de la Fed. Les marchés anticipent une pause, et Goldman Sachs prévoit une dernière hausse en décembre.15
  • 28 octobre : annonce de taux et nouvelles projections de la Banque du Canada.
  • 3 novembre : élections de mi-mandat aux États-Unis, avec le renouvellement de la Chambre des représentants et d'une partie du Sénat.
  • 16 novembre : publication de l'IPC d'octobre par Statistique Canada.

Questions fréquentes

Pourquoi les Américains sont-ils mécontents de l'économie alors que le PIB progresse?

Parce que l'inflation à la consommation, à 3,7 % sur 12 mois en septembre 2026, dépasse la hausse du salaire horaire moyen, d'environ 3 %. La croissance du PIB est concentrée dans l'investissement en intelligence artificielle et dans la consommation des ménages aisés, alors que la majorité perd du pouvoir d'achat.

Quelle a été l'inflation aux États-Unis en septembre 2026?

Le CPI a augmenté de 0,6 % dans le mois et de 3,7 % sur 12 mois, selon le Bureau of Labor Statistics. L'inflation de base, qui exclut les aliments et l'énergie, s'est établie à 2,6 %. L'essence explique plus de la moitié de la hausse mensuelle.

Qu'est-ce que la crise de l'abordabilité?

C'est l'expression utilisée pour décrire la perte de capacité des ménages à payer les biens et services essentiels, comme le logement, la santé, l'alimentation et le carburant, même en période d'emploi élevé et de croissance économique.

Qu'est-ce qu'une économie en K?

C'est une économie où des groupes sociaux suivent des trajectoires opposées : les ménages aisés, qui détiennent des actifs financiers, profitent de la hausse de la Bourse, tandis que les ménages à revenu moyen et faible subissent l'inflation et les taux élevés.

Comment l'inflation américaine touche-t-elle le Québec et le Canada?

Par trois canaux : le pétrole plus cher fait grimper l'essence, qui a augmenté de 27,8 % sur un an au Canada en septembre 2026; l'écart grandissant entre les taux de la Fed et ceux de la Banque du Canada pèse sur le huard et sur les taux hypothécaires fixes; et les tarifs américains sur l'acier, l'aluminium et le bois d'œuvre frappent des secteurs clés de l'économie québécoise. L'inflation a atteint 3,1 % au Canada comme au Québec en septembre.

Quand la Fed et la Banque du Canada prendront-elles leurs prochaines décisions?

La Fed se réunit les 27 et 28 octobre 2026 et annonce sa décision le 28. La Banque du Canada annonce la sienne le même jour, le 28 octobre 2026, avec la mise à jour de ses projections économiques.

Références

  1. GONZÁLEZ, Jesús Sérvulo. « Es la inflación, estúpido » : Estados Unidos se sume en el descontento pese al crecimiento económico. El País, 24 octobre 2026. Consulter le reportage.
  2. U.S. Bureau of Labor Statistics. Consumer Price Index, septembre 2026. Publié le 14 octobre 2026.
  3. Boursenews. États-Unis : l'inflation accélère à 3,7 % en septembre. 14 octobre 2026.
  4. Fox News Poll. Cost-of-living concerns weigh on GOP in midterms. 14 octobre 2026.
  5. Qatar Tribune / Reuters. US consumer prices rise faster, putting Fed rate hike back in focus. 15 octobre 2026.
  6. U.S. Energy Information Administration. Short-Term Energy Outlook, août 2026 (via Hellenic Shipping News).
  7. Moneymagpie. Oil price prediction October 2026 (données de Trading Economics). 5 octobre 2026.
  8. Trading Economics. United States interest rate news. Octobre 2026.
  9. Statistique Canada. Indice des prix à la consommation, septembre 2026, publié le 19 octobre 2026 (via Wealth Professional).
  10. La Presse Canadienne. Taux d'inflation de septembre par province et par ville (via BNN Bloomberg). 19 octobre 2026.
  11. Narcity Québec. Le prix de l'essence franchit les 2 $ le litre au Québec (données de la Régie de l'énergie). 1er septembre 2026.
  12. nesto. La Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 %, annonce de septembre 2026.
  13. InvestingLive. Canada September CPI 3.1% y/y vs 3.2% expected. 19 octobre 2026.
  14. Deltek. Year Two of Canada-U.S. Tariffs: What Contractors Should Expect. 20 février 2026.
  15. Bloomberg (via China Daily Hong Kong). Fed chair Warsh boosts market expectations of rate hold in October. 16 octobre 2026.
  16. Reuters (via Virginia Business). Hot September CPI sends rate-hike bets soaring. 14 octobre 2026.