Économie · Marchés financiers · Intelligence artificielle
En 5 points
- Anthropic, créatrice de l'assistant Claude, a rendu public le 26 octobre 2026 son formulaire S-1 en vue d'inscrire ses actions de catégorie A au Nasdaq sous le symbole ANT. Les débuts en Bourse sont attendus en novembre.
- Les revenus du premier semestre 2026 atteignent 16,3 milliards $ US, contre 1,16 milliard un an plus tôt. La perte nette s'élève à 80,7 milliards, dont 72,4 milliards relèvent d'un effet comptable.
- Les engagements en puissance de calcul varient d'environ 417 milliards $ US d'obligations fermes à plus de 800 milliards selon le calcul du FT, qui retient les montants maximaux des contrats.
- Les fondateurs détiendront 50,1 % des voix générales grâce à une seule action de catégorie F, et une fiducie indépendante (LTBT) élira 4 des 7 administrateurs. L'investisseur boursier obtient une exposition économique, mais peu de pouvoir.
- Le Canada se classe au 2e rang mondial pour l'usage de Claude par habitant, et l'ampleur des contrats d'Anthropic éclaire le débat québécois sur les tarifs d'électricité des centres de données.
Un prospectus d'introduction en Bourse est d'ordinaire un document rédigé par des avocats pour protéger l'entreprise de poursuites futures. Celui d'Anthropic, déposé lundi auprès de la SEC, l'autorité américaine des marchés financiers, remplit cette fonction et tente quelque chose de moins habituel : convaincre l'investisseur qu'acheter l'action, c'est aussi adhérer à une mission. Selon le décompte du Financial Times, le document fait plus de 300 pages et quelque 240 000 mots, où cohabitent une croissance fulgurante des revenus, des pertes d'une ampleur inédite et des mises en garde contre des risques qui vont jusqu'à menacer l'humanité elle-même.1
L'entreprise compte inscrire ses actions de catégorie A au segment Global Select du Nasdaq, sous le symbole ANT, mais elle n'a encore précisé ni le nombre de titres offerts ni la fourchette de prix.2 D'après Bloomberg, dont les informations sont reprises par PYMNTS, la tournée de présentation aux investisseurs pourrait commencer la semaine du 9 novembre, en vue d'une première séance avant l'Action de grâce américaine, le 26 novembre, et des acheteurs potentiels évoquent déjà une valorisation de 1 800 à 2 000 milliards $ US.11 Le FT voit dans ce PAPE une épreuve : le marché public dira s'il partage l'enthousiasme missionnaire qui a séduit les bailleurs de fonds privés de la société.1
Les chiffres : une croissance réelle, une perte surtout comptable
La trajectoire des revenus constitue le principal argument de l'offre. Anthropic a encaissé 386 millions $ US en 2024 et 4,6 milliards en 2025, selon la synthèse du site européen Trending Topics.7 Au premier semestre 2026, elle atteint 16,3 milliards, contre 1,16 milliard pour la même période l'an dernier, comme le rapporte Crypto Briefing.5 Le S-1 laisse en blanc les revenus du troisième trimestre, mais le FT avait déjà indiqué que l'entreprise avait annoncé 16,8 milliards à ses investisseurs pour cette période, rappelle The Next Web.6
Deux indicateurs expliquent pourquoi les investisseurs acceptent le risque. Le premier est le taux de rétention nette des revenus, qui mesure l'évolution des dépenses des clients existants : selon la couverture de CNBC, il avoisinait 900 % au 30 septembre, ce qui signifie que la clientèle d'il y a un an dépense aujourd'hui environ neuf fois plus.3 Le second est le virage opérationnel : la perte d'exploitation du semestre a reculé à 693 millions $ US, contre 2,1 milliards, et le deuxième trimestre affiche un bénéfice d'exploitation de 974 millions.5
La perte nette de 80,7 milliards $ US au semestre mérite une lecture attentive. De ce total, 72,4 milliards proviennent de la réévaluation de billets convertibles, de dérivés et de SAFE, des instruments de financement dont la valeur comptable augmente quand l'entreprise elle-même vaut davantage.5 Autrement dit, plus la performance perçue d'Anthropic s'améliore, plus la perte inscrite au bilan se creuse. L'exploitation n'est pas bon marché pour autant. Les pertes nettes cumulées depuis 2023 avoisinent 132,5 milliards, et l'entreprise a consacré 8,9 milliards au calcul et aux infrastructures au cours du semestre, soit environ 55 % de ses revenus.7 À la fin juin, elle disposait de 131,7 milliards en trésorerie et placements à court terme, pour une dette de 6,2 milliards sous forme de billets convertibles détenus par Amazon.5
La facture des infrastructures : entre 417 et plus de 800 milliards
Le chiffre le plus frappant relevé par le FT concerne les capacités de calcul : plus de 800 milliards $ US engagés auprès de fournisseurs infonuagiques, de fabricants de puces et d'exploitants de centres de données. Le quotidien précise avoir retenu le montant maximal lorsqu'un contrat indiquait une fourchette.1 D'autres lectures du même document aboutissent à des montants plus modestes. CNBC fait état d'obligations futures d'environ 417 milliards envers les fournisseurs de calcul.3 L'ébauche révélée en septembre par Reuters, citée par Fortune, évoquait 518 milliards.8
L'écart ne traduit pas une erreur, mais des méthodes différentes. On trouve des contrats fermes, des contrats assortis de minimums et de maximums, et des engagements conditionnels qui ne deviennent obligatoires que si certaines conditions sont remplies. Une version antérieure du prospectus, déposée confidentiellement auprès de la SEC, mentionnait par exemple quelque 89 milliards d'engagements conditionnels, sur des durées de six à vingt ans.2 Pour l'investisseur, l'essentiel est ailleurs : une partie de ces contrats impose le paiement même si la capacité n'est pas utilisée.7 Anthropic a peu de dette bancaire, mais elle porte un levier contractuel à long terme qui suppose que ses revenus continuent de croître au rythme actuel.
La liste des fournisseurs révèle aussi une stratégie de diversification. L'entreprise utilise des puces de Nvidia, d'AMD, d'Amazon et de Google, et s'est engagée à verser à SpaceX environ 3,1 milliards $ US par mois pour accéder à de la capacité propulsée par des GPU de Nvidia, selon CNBC.3 Les contrats avec Google totalisent au moins 114,5 milliards, ceux avec Amazon au moins 110 milliards et ceux avec Microsoft au moins 44,9 milliards.6 Ces mêmes groupes figurent de l'autre côté de la table comme actionnaires. Le FT indique que Google détient environ 7 % de l'entreprise, pourrait investir jusqu'à 20 milliards supplémentaires en vertu d'ententes conclues cette année et pourrait même devenir investisseur d'ancrage de l'offre.1 Fournisseur, client et associé sont souvent une seule et même entreprise.
Qui tiendra les commandes après le PAPE
Si les chiffres attirent, la gouvernance exige de la patience. Anthropic est une public benefit corporation (PBC) constituée au Delaware, une forme juridique qui oblige le conseil à équilibrer le rendement financier des actionnaires, les intérêts des personnes touchées par les activités de l'entreprise et une mission d'intérêt public déclarée : développer une IA avancée de façon responsable au bénéfice à long terme de l'humanité, comme l'explique CNBC.4
Sur cette base, le prospectus superpose deux niveaux de contrôle. Le premier est le Long-Term Benefit Trust (LTBT), créé en 2023, composé de fiduciaires sans intérêt financier dans l'entreprise et habilité à élire et à révoquer la majorité du conseil.4 Le second est la Founder LLC, véhicule des sept cofondateurs, qui détiendra une unique action de catégorie F portant 50,1 % des voix générales, sans droits économiques, selon The Motley Fool.9 La structure compte cinq catégories d'actions : A, E, F, N et T.9 Selon une analyse publiée sur le blogue juridique de la Columbia Law School, à partir d'informations de Reuters, le LTBT élira 4 des 7 administrateurs, et les 3 autres seront choisis par les porteurs des catégories A et F, les fondateurs détenant la voix décisive.10
Le modèle diffère des actions à droits de vote multiples popularisées par Mark Zuckerberg chez Meta : au lieu de concentrer dans les mêmes mains les voix en assemblée et les sièges au conseil, Anthropic sépare ces pouvoirs et confie la majorité du conseil à un organe externe.9 Comme le LTBT élit la majorité des administrateurs, l'entreprise se qualifie de « société contrôlée » au sens des règles du Nasdaq,4 ce qui lui permet d'échapper à une partie des exigences d'indépendance imposées aux autres sociétés inscrites. Le FT résume l'effet : l'actionnaire ordinaire n'aura presque aucun pouvoir sur l'orientation de l'entreprise.1
Les fondateurs demandent aux futurs actionnaires de ne pas envisager leur achat « en termes purement transactionnels ». Passage du S-1 cité par le Financial Times, traduction libre
La mission comme argument de vente, et les risques qui l'accompagnent
L'insistance sur la mission tient aux origines de l'entreprise. Les sept fondateurs ont quitté OpenAI en 2021 pour créer une rivale axée sur la sécurité, et le prospectus affirme que tous les efforts de la société sont guidés par cette mission, selon le FT.1 La section consacrée aux risques est pourtant aussi fournie que celle des promesses. Le document reconnaît qu'aucun assureur, et peut-être pas même l'industrie de l'assurance dans son ensemble, ne disposerait de la capacité nécessaire pour couvrir une catastrophe liée à l'IA, relève The Next Web.6
D'autres risques sont plus classiques. Dans l'ébauche dévoilée en septembre, deux clients représentaient près du quart des revenus de 2025, selon Fortune.8 L'entreprise conteste aussi devant les tribunaux, depuis mars, une désignation de risque imposée par le gouvernement américain, et la même publication rapportait qu'Anthropic estime que cette mesure menace des milliards de dollars de revenus.28
Pour les premiers investisseurs privés, le pari est déjà largement gagnant. Selon le FT, Spark Capital a investi moins d'un milliard $ US pour une participation aujourd'hui évaluée à 14,5 milliards, et Coatue a placé 4,75 milliards dans une participation de taille comparable.1 La question que pose le PAPE est de savoir si l'investisseur qui arrive maintenant, à une valorisation proche de 2 000 milliards, trouvera encore une marge. Reuters rapportait en août que cette valorisation repose sur une projection de revenus de 190 à 200 milliards en 2028.11
Ce que le Québec et le Canada ont à y voir
Un pays qui utilise Claude bien au-delà de son poids
Le Canada se classe au 8e rang mondial pour l'usage de Claude.ai, avec 2,6 % de l'utilisation grand public, mais au 2e rang lorsque l'on rapporte cet usage à la population en âge de travailler, selon l'Anthropic Economic Index publié par Anthropic en juillet.12 L'entreprise a alors engagé 10 millions $ CA en crédits Claude auprès de huit institutions, dont Mila à Montréal et l'Université Laval, avec des travaux qui touchent notamment au français québécois.12 Pour les organisations d'ici qui ont intégré le modèle à leurs processus, le prospectus contient une information très concrète : comme le calcul absorbe plus de la moitié des revenus, la politique de prix d'Anthropic dépend directement du coût de ces contrats à long terme. Une société cotée, sommée de démontrer ses marges trimestre après trimestre, a toutes les raisons de se montrer plus ferme sur la tarification de ses clients d'affaires qu'une jeune pousse financée par des rondes privées.
L'électricité, nerf de la guerre
Les contrats d'Anthropic donnent la mesure du débat qui se tient à Québec. Hydro-Québec demande à la Régie de l'énergie d'approuver un tarif moyen de 13 ¢ le kilowattheure pour les centres de données de plus de 5 mégawatts, presque le double des 6,82 ¢ payés en moyenne par les grands clients industriels, rapporte Le Soleil.13 La société d'État évalue la demande de pointe des centres de données à environ 200 mégawatts, et prévoit qu'elle pourrait atteindre 1 000 mégawatts d'ici 2035.13 L'audience, au cours de laquelle Google figure parmi les intervenants, doit se poursuivre en décembre, selon La Presse Canadienne.14 Le pari québécois est celui de la sélectivité : faire payer davantage une demande qui afflue, plutôt que de la courtiser à rabais. Les engagements d'Anthropic montrent toutefois que les grands laboratoires réservent leurs capacités sur dix ou vingt ans, et que la localisation de ces installations se décide maintenant.
L'écart d'échelle avec l'effort public est tout aussi parlant. La Stratégie canadienne sur la capacité de calcul souveraine en IA prévoit 2 milliards $ CA sur cinq ans, dont jusqu'à 700 millions pour attirer l'investissement privé dans des centres de données et 705 millions pour une infrastructure publique de superinformatique, selon l'OCDE.15 Ottawa a aussi lancé un appel pour des centres de données souverains de plus de 100 mégawatts, dont un premier projet avec TELUS en Colombie-Britannique, annoncé par le gouvernement du Canada en mai.16 Un seul laboratoire américain engage plusieurs centaines de fois l'enveloppe fédérale. La souveraineté numérique canadienne se jouera donc moins sur les montants publics que sur la capacité du pays à capter une partie de ces investissements privés.
Un contraste avec la Bourse de Toronto
L'offre souligne aussi l'écart entre les deux marchés. Après plusieurs années de disette, la Bourse de Toronto a récolté un peu plus de 2 milliards $ CA en premiers appels publics à l'épargne au premier semestre 2026, contre environ 603 millions un an plus tôt, selon les statistiques du Groupe TMX.17 Le plus important, celui d'Apotex, a levé 1,3 milliard, un record pour les sciences de la vie à la TSX.18 Anthropic avait levé 65 milliards $ US lors de sa seule ronde privée de mai. Détail révélateur : à la Bourse des valeurs canadiennes, le symbole ANT est déjà utilisé par Anteros Metals, une société de prospection minière de six employés qui ne génère pas encore de revenus, a remarqué CNBC.3
Sur le plan de la gouvernance, les investisseurs canadiens connaissent bien les actions à droits de vote multiples, de Bombardier à Shopify, dont le fondateur détient une action spéciale qui lui assure une part importante des voix. Les règles de la TSX exigent d'ailleurs généralement une clause de protection en cas d'offre publique d'achat pour ce type de structure. Un modèle où une fiducie sans participation économique désigne la majorité du conseil n'a toutefois pas d'équivalent direct sur le marché canadien.
Le prospectus d'Anthropic est à la fois un document financier et une proposition de contrat social peu commune : l'investisseur boursier accepte de financer l'entreprise en sachant qu'en cas de conflit entre rendement et mission, la décision finale ne lui reviendra pas. La réponse du Nasdaq en novembre dira ce que vaut cet arrangement. Pour le Québec et le Canada, la leçon la plus utile tient moins au prix de l'action qu'à l'ampleur des infrastructures que réclame l'économie de l'IA, et à la vitesse à laquelle ces capacités sont réservées ailleurs.
Questions fréquentes
Quand aura lieu le PAPE d'Anthropic?
L'entreprise a publié son S-1 le 26 octobre 2026. Selon Bloomberg, la tournée de présentation pourrait commencer la semaine du 9 novembre, pour une première séance au Nasdaq avant le 26 novembre. Le calendrier peut encore changer.
Quel sera le symbole boursier d'Anthropic?
Les actions de catégorie A seront négociées au Nasdaq Global Select sous le symbole ANT. Le prix et le nombre d'actions n'ont pas encore été fixés.
Combien Anthropic a-t-elle gagné et perdu en 2026?
Au premier semestre 2026, les revenus ont atteint 16,3 milliards $ US et la perte nette, 80,7 milliards. De cette perte, 72,4 milliards découlent de la réévaluation comptable de billets convertibles et d'instruments semblables. Au deuxième trimestre, l'entreprise a dégagé un bénéfice d'exploitation de 974 millions.
Pourquoi la perte d'Anthropic est-elle si élevée alors que ses revenus explosent?
L'essentiel de la perte est comptable : les billets convertibles sont inscrits à la juste valeur, qui augmente quand la valorisation de l'entreprise grimpe. De plus, le calcul absorbe environ 55 % des revenus.
Qui contrôlera Anthropic après son entrée en Bourse?
La Founder LLC des sept cofondateurs détiendra 50,1 % des voix générales grâce à une action de catégorie F. Le Long-Term Benefit Trust, formé de fiduciaires indépendants, élira 4 des 7 administrateurs. L'investisseur public de catégorie A aura des droits économiques et une influence limitée.
Les investisseurs canadiens pourront-ils acheter des actions d'Anthropic?
Après l'inscription, les actions pourront être négociées au Nasdaq par l'entremise de courtiers canadiens donnant accès au marché américain, y compris, en règle générale, dans des comptes enregistrés comme le CELI ou le REER. Le présent texte ne constitue pas une recommandation de placement.
Références
- Financial Times. George Hammond, Ryan McMorrow et George Steer. « 'Bold but sane': what we learnt from Anthropic's 240,000-word IPO filing ». 26 oct. 2026. ft.com
- Anthropic, PBC. Formulaire S-1 et versions antérieures (DRS/A) déposés auprès de la SEC. 2026.
- CNBC. Couverture en direct du S-1 d'Anthropic. 26 oct. 2026.
- CNBC. « Anthropic's IPO puts power in the hands of founders ». 26 oct. 2026.
- Crypto Briefing. Synthèse financière du S-1 d'Anthropic. 26 oct. 2026.
- The Next Web. « Anthropic files for Nasdaq IPO as half-year revenue hits $16.3bn ». 26 oct. 2026.
- Trending Topics. « Anthropic's I.P.O. Prospectus: 15 facts ». 26 oct. 2026.
- Fortune. Article sur l'ébauche du prospectus obtenue par Reuters. 29 sept. 2026.
- The Motley Fool. « Anthropic's IPO Keeps Founders in Control Through a 'Founder LLC' Voting Structure ». 26 oct. 2026.
- CLS Blue Sky Blog, Columbia Law School. « Public Purpose and Founder Control at Anthropic ». 2 oct. 2026.
- PYMNTS, d'après Bloomberg; Reuters (projection de revenus pour 2028). Oct. et août 2026.
- Anthropic. « Anthropic commits $10 million to Canadian AI research ». 14 juil. 2026.
- Le Soleil. « La hausse des tarifs d'électricité ne devrait pas dissuader les centres de données ». 10 oct. 2026.
- La Presse Canadienne, via CP24. Audience de la Régie de l'énergie sur les centres de données. 9 oct. 2026.
- OCDE.AI. Stratégie canadienne sur la capacité de calcul souveraine en IA. 2026.
- Gouvernement du Canada. Annonce sur l'infrastructure d'IA souveraine avec TELUS. 11 mai 2026.
- Groupe TMX. Statistiques de financement par actions, juin 2026. 9 juil. 2026.
- Bourse de Toronto. Communiqué sur l'inscription d'Apotex. 10 juin 2026.
- WinBuzzer. « Anthropic IPO to Give Founders Majority Votes ». 27 oct. 2026.
- Forbes. « Anthropic's IPO Could Be Historic But What Will Investors Own? ». Oct. 2026.
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